Après la finance internationale, c’est au tour de l’économie réelle se subir de plein fouet la crise. Et le groupe AG2R ne sera pas épargné. Face à la tempête qui s’annonce, la direction veut rapidement réduire la voilure. Mais il ne faut pas que la crise serve de prétexte.

Tous les économistes sont d’accord : nous allons entrer dans une récession durable. Les effets de la crise pèseront sur des millions de travailleurs, au niveau de leur emploi et de leurs revenus. Alors que les salariés, les demandeurs d’emploi et les retraités ne sont en rien responsables, ils seront les premières victimes.
Le groupe AG2R sera touché, lui aussi, et à double titre.
En premier lieu, les effets de la crise financière influeront négativement sur les placements de l’entreprise. Même si la majeure partie des fonds est sécurisée, une certaine proportion reste dépendante de la santé de la bourse. Et les moins-values boursières, bien qu’elles ne soient enregistrées que sous forme de provisions, tirent les résultats du groupe à la baisse. Ainsi, en 2009, aucun intéressement ne sera versé aux salariés.
Autre effet qui ne tardera pas à se faire sentir : la crise de l’économie réelle.
Si des entreprises ferment, si les salaires stagnent, ce sont des cotisations qui diminuent pour le groupe, aussi bien en retraite qu’en santé ou en prévoyance.
Face à la tempête qui s’annonce, la direction voudra rapidement réduire la voilure.
Lors de la dernière réunion du comité d’entreprise, son discours a été clair : il faut réaliser 8% d’économies sur les frais de gestion d’ici 2011.
Comment ? Si les moyens n’ont pas été dévoilés, force est de constater que les frais de personnel représentent 60% des dépenses. Et il ne faut pas être extra-lucide pour deviner que ce poste sera certainement le premier touché.
La CFDT ne nie pas que la crise existe, qu’elle se développe et sera durable. Elle comprend que des mesures doivent être prises pour en combattre les effets. L’essentiel est de garantir l’emploi dans le groupe.
Mais il ne faudrait pas que, sous couvert de cette crise, on nous fasse avaler une restructuration qui n’aurait rien à voir avec les difficultés économiques et qui serait génératrice de menaces pour les salariés. On ne pourrait pas non plus accepter des contraintes sur les frais de personnel alors que d’autres postes comme les frais de représentation, de déplacements, de séminaires… ne connaîtraient pas la rigueur. On ne pourrait pas comprendre que la direction ne se fixe que sur les dépenses sans chercher à améliorer les recettes, en donnant par exemple plus de moyens au réseau commercial et à la gestion pour vendre et pour fidéliser les clients par la qualité du service rendu.
Et il faudra, enfin, que la direction se pose certaines questions.
Exemple : les dotations de l’ARRCO et de l’AGIRC diminuent pour l’AG2R et ne parviennent plus à couvrir les dépenses. Or, dans le nouveau mode de calcul de ces dotations, le développement en retraite permet d’augmenter les recettes. Pourquoi l’AG2R a-t-elle attendu tant d’années pour donner un nouvel élan à son cœur de métier, la retraite ?
Autre exemple : le projet informatique GRECCO (usine retraite) est un gouffre financier. L’ARRCO et l’AGIRC refusent de payer l’intégralité de la facture. La mise en production est sans cesse repoussée. Qu’a-t-on été faire dans cette galère ? Tirera-t-on des enseignements de cette aventure pour les projets informatiques futurs ?