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Classifications de branche : la CFDT, force de proposition

Depuis plusieurs semaines le collège employeurs de la branche annule toutes les commissions paritaires plénières prévue à l’agenda social signé par la CFDT. Cet agenda a été conclu notamment pour pouvoir négocier dans les meilleurs conditions la révision de l’annexe IV de notre convention collective. Pour rappel cet annexe couvre la partie classifications et rémunérations.

Face à ces reports inquiétants pour la bonne marche de la négociation, la délégation CFDT a souhaité faire une déclaration en insistant sur nos inquiétudes mais aussi en relevant un certain nombre de dysfonctionnements au sein du collège employeurs.

D’autant que cette CPPNI tant attendue avait un ordre du jour ambitieux : le collège employeurs avait porté à l’ordre du jour l’évolution des RMMG de branche et de la révision l’annexe IV.

Lors de la première CPPNI sur les salaires nous avions demandé un certain nombre de compléments d’informations notamment sur l’égalité femmes-hommes et les nouvelles dispositions légales liées à l’index salarial. Force est de constater que le collège employeur est dans l’auto satisfaction autour de ces sujets, malgré de mauvais score de certaines entreprises sur l’index et en particulier de la fédération AGIRC-ARCCO qui n’atteint même pas les 75 points !

Mais pour eux tout va bien : ils travaillent à améliorer l’égalité femmes-hommes, les salariés de la branche ont des augmentations individuelles et collectives dans leurs groupes, les conditions de travail ne sont pas si mauvaises, bref circulez il n’y a rien à voir…

Enfin si quand même… Face à notre insistance et celle de nos partenaires nous voulions savoir après des semaines d’attente sans réunion et pour donner suite au conseil d’administration du collège employeurs savoir si le président avait de bonnes nouvelles à nous annoncer….

Roulement de tambour… après plus de deux heures de réunions, d’échanges et de surplace…. Et bien non ! Le collège employeurs a décidé de ne pas faire évoluer sa proposition initiale : remonter 5 RMMG au niveau du SMIC C’est royal non ? Et augmenter le reste des RMMG de 0,5% même avec une inflation à 1,4% en 2018. Mêmes arguments : ils laissent la main aux groupes, des primes Macron ont été versées (et oui ils ont osé) et les accords d’intéressements sont aussi là pour améliorer le pouvoir d’achat des salariés.

A l’heure où certains groupes n’ont pas encore adhéré à l’association d’employeurs, notamment PRO BTP, au moment où le gouvernement veut faire la main basse sur les réserves des régimes AGIRC ARRCO, où les discussions piétinent autour de la future réforme des retraites le comportement du collège employeurs inquiète. Où veulent ils nous emmener ?

Eux prétendent que comme nous ils veulent sauver la branche, que leur objectif est de réviser l’annexe IV afin de revoir complètement un système à bout de souffle. Il faut donc que cette négociation (après plus d’un an et demi de tergiversations et un diagnostic partagé que la CFDT considère comme très partial) débute.

Alors allons y bingo. C’est bon Mesdames et Messieurs les employeurs vous voulez que l’on négocie ? Alors allons y car la CFDT ne vous a pas attendu : nous avons travaillé et avons un certain nombre de grandes lignes de propositions à vous présenter !

C’est non sans mal, face à des employeurs jouant la posture et la montre, que la délégation CFDT a fini par s’imposer pour présenter son projet autour de la classification et des rémunérations

  • La CFDT souhaite que la classification se calque sur les métiers et les activités effectués par les salariés des entreprises de la branche. Cela permet de redonner du sens au travail et une reconnaissance des métiers et de son expertise.
  • La CFDT souhaite une classification adossée au répertoire des métiers produit par l’observatoire des métiers de la branche avec un système d’emplois repères. La pesée collective des emplois ne peut plus se faire, groupe par groupe sans les organisations syndicales.
  • La CFDT souhaite promouvoir les outils que sont les entretiens annuels d’évaluation et les entretiens professionnels afin de pouvoir s’appuyer sur des éléments factuels pour objectiver les compétences et les déroulements de carrières et les parcours professionnels.
  • La CFDT souhaite positionner chaque emploi sur une amplitude de plusieurs niveaux de classifications et des échelons à l’intérieur des niveaux. Ceci doit permettre à chacune et chacun d’avoir une vraie progression, y compris de sa rémunération, tout au long de sa carrière, de reconnaitre la montée en compétences mais aussi la qualité du travail effectué au quotidien.

La CFDT a voulu comme à son habitude être force de proposition. Le pacte sur le pouvoir de vivre présenté par la CFDT est ambitieux. C’est à notre niveau une occasion à saisir. Nous voulons à travers cette négociation stopper le nivellement par le bas des salaires dans la branche. Les salariés avec l’industrialisation de la retraite et de la prévoyance santé vont voir leur métier évoluer, changer voire même disparaitre. D’autres métiers vont émerger.

Les employeurs ont eux aussi dévoilé une partie de leur projet et de leurs attentes : ne pas changer le système en profondeur, permettre une homogénéisation des pratiques dans la branche, établir une nouvelle grille fondée sur les RMAG et permettre la création de classes intermédiaires par accord d’entreprise.

Si la CFDT n’est pas par principe opposée à certaines propositions comme les RMAG et est même favorable à certaines idées comme l’homogénéisation des pratiques, nous avons fermement exprimer notre désaccord face au principe d’accord d’entreprise dérogatoire à la classification. Ce domaine est réservé à la branche et cette idée est complétement antinomique avec la volonté affichée d’aboutir à plus d’homogénéité dans les pratiques. Quant au fait de revoir le système en profondeur, c’est pour nous une nécessité et nous y sommes prêts.

La CFDT n’a pas l’intention d’être dans la posture quitte à bousculer les lignes, nous continuerons à négocier, proposer et convaincre. Il en va de la survie de notre branche et de l’emploi dans nos groupes.

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