Tout le monde est d’accord : ce sont les banques américaines qui sont à l’origine de la crise financière. Trop de prêts, sans contrôle, et des produits spéculatifs opaques ont créé cette situation catastrophique  à l’échelle mondiale.
Mais au-delà de la responsabilité américaine, c’est le système financier global qui est en cause. Au lendemain des premiers effets de cette crise majeure, il n’y avait pas un banquier, pas un gouvernement, pas un dirigeant d’entreprise qui ne réclamait pas des réformes de fond.
Le G20 devait plancher sur la question. Les gouvernements des pays les plus riches allaient imposer une nouvelle réglementation plus stricte. Nous étions à l’aube d’un nouveau capitalisme. A entendre certains, cette crise était une aubaine : elle allait enfin ouvrir les yeux de nos financiers et de nos dirigeants.
Aujourd’hui, où en est-on ?
Plusieurs milliers de milliards de dollars ont été dépensés à l’échelle de la planète pour sauver les banques. Et les obligations des banques en contrepartie sont dérisoires. Pire, dès qu’elles le peuvent, elles remboursent les prêts consentis par les gouvernements pour  échapper à leur contrôle et revenir à leurs anciennes pratiques.
Au final, qui sont les victimes ? Les salariés qui, pour certains, surtout aux Etat Unis, ont déjà été ruinés par la crise financière et qui maintenant, dans tous les pays, commencent à être privés de leur emploi.
Comment s’en sortir ? La réponse ne pourra être que politique.
Mais les organisations syndicales, représentantes des salariés, ont également leur mot à dire.
Si la réglementation des marchés financiers relève des politiques, la mise en œuvre de règles de gouvernance dans les entreprises, d’obligation de transparence sur les comptes et sur les rémunérations des dirigeants, de réformes des règles de bonus et de stock options sont aussi de ressort des partenaires sociaux. Et pour que les organisations syndicales puissent exercer un véritable contre-pouvoir, elles doivent être puissantes et légitimes. Légitimité qui ne peut-être acquise que par le nombre de syndiqués.