Il existe plusieurs organisations syndicales dans le groupe AG2R/La Mondiale. Des organisations syndicales qui ne sont pas toujours d’accord entre elles et qui confrontent leurs points de vue. C’est sain et normal : c’est l’expression de la démocratie. A plusieurs, nous devrions être plus efficaces face à la direction pour défendre les salariés. Et c’est souvent le cas.
Malheureusement, en période électorale, certains se laissent aller à une certaine démagogie et dénigrent systématiquement les actions des autres organisations syndicales. La CFDT, organisation syndicale majoritaire à l’AG2R et à La Mondiale, est leur cible privilégiée.

Or, obtenir un bon résultat aux élections est-il le seul objectif que doit poursuivre une organisation syndicale aujourd’hui ?

Force est de constater que l’année 2009 sera celle de tous les dangers. La crise financière et économique affecte les résultats du groupe. Le plan d’entreprise qui prévoit 8% d’économies sur les coûts de fonctionnement sur 3 ans pèsera sans doute sur l’emploi et les conditions de travail. La réorganisation du groupe en cours d’élaboration peut porter en germe de vrais dangers pour les salariés. Les regroupements inachevés, comme celui avec PREMALLIANCE ou La Mondiale, et ceux prévus, comme celui avec REUNICA, sont également de nature à mettre en difficulté le groupe.

Faut-il néanmoins céder à la tentation du catastrophisme, de la surenchère et de l’amalgame ?
C’est malheureusement le choix que certaines organisations syndicales semblent vouloir faire dans cette période électorale.

A travers leur communication, nous pouvons retrouver des thèmes récurrents : nous sommes seuls contre tous pour défendre les salariés, nous sommes les victimes d’une discrimination, nous avons toujours dit que ce qui arrive devait arriver (ce qui sous-entend nous avons toujours raison), nous cherchons à mener une action commune avec les autres mais ce sont les autres qui ne veulent pas…
A cela s’ajoute une volonté de noircir le tableau en distillant des informations tronquées, en pratiquant l’amalgame et en occultant tous les éléments en contradiction avec ce pessimisme affiché.

Et tout cela pourquoi ?
Pour provoquer un sentiment d’insécurité, sinon de peur, chez les salariés et les pousser à voter pour une organisation syndicale qui se présente comme la seule capable de les défendre parce que c’est celle qui dénonce le plus fort toutes les turpitudes supposées du reste du monde.

Avec quels résultats ?
Notons  que les discours ne sont crédibles que s’ils sont suivis d’actes. Car qu’est ce qui permet d’améliorer le sort des salariés AG2R ? Ce sont les résultats concrets, notamment dans les négociations avec la direction. Mais encore faut-il vouloir négocier et ne pas se contenter de dénoncer sans proposer.
Le choix de la CFDT est fondamentalement différent. Elle s’oppose à la direction régulièrement mais elle avance des arguments pour mettre en œuvre une autre politique. Elle entre en négociations pour obtenir des avancées concrètes et non pour formuler des revendications irréalisables.
Prenons l’exemple du pouvoir d’achat. Il baisse et il faut le dénoncer. Mais le constat établi, comment l’améliorer ? La CFDT a misé sur les négociations collectives, qui ont abouties à 1,5% d’augmentation des salaires et à une prime de 300 à 400€. Elle a également exigé et obtenu un nouvel accord d’intéressement. Du fait des mauvais résultats 2008, il n’y avait en théorie aucune prime d’intéressement cette année. C’est la CFDT qui a poussé pour que soit débloquée une enveloppe  exceptionnelle de 1,2 m€. Mais encore fallait-il vouloir négocier et signer un accord.

Ce ne sont que deux exemples. Examinez la politique sociale du groupe ces dernières années et demandez-vous à quelle organisation syndicale vous devez les principales avancées.