La CFDT a décidé de faire jouer pleinement la démocratie et a consulté chacun de ses adhérents.
Une majorité a décidé que la CFDT pouvait signer les accords négociés avec la direction.
Pourquoi ?
Suite à la réunion paritaire, la CFDT avait décidé de consulter tous ses adhérents. Dans des situations plus claires et moins conflictuelles, ce sont généralement les différentes sections syndicales, par l'intermédiaire de leur délégué syndical, qui se positionnent. Cette année, le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat de la négociation a été décevant pour beaucoup. Répondre à la question : devons-nous signer ou non les accords proposés par la direction a donc suscité des débats parfois passionnés.
C'est pourquoi les négociateurs ont décidé de demander à chaque adhérent de donner sa position. Chacun a été contacté individuellement et a été invité à répondre.
Une majorité d'adhérents s'est positionnée pour la signature des accords.
Si le oui l'a remporté sans ambigüité, l'échange d'arguments entre les tenants et les opposants à la signature démontre que la réponse définitive n'allez pas de soi.
Parmi les arguments plaidant pour le non, le niveau, ridicule pour certains, de l'augmentation collective était déterminant. Au delà de la perte de pouvoir d'achat qu'ils y voyaient, c'est aussi le manque de reconnaissance ou même de considération de la direction qui a été souligné.
La volonté d'appeler à la grève a été évoquée .
Un second argument des opposants à la signature était le constat que, pour eux, les efforts demandés pour parvenir à des économies de fonctionnement pesaient toujours sur les mêmes. Ainsi, le coût jugé exorbitant de l'installation du nouveau siège social du boulevard Haussmann a été comparé à la volonté de réduire les frais de personnel.
Les partisans de la signature, s'ils avaient d'autres arguments à faire valoir, ne rejetaient pas pour autant tous les arguments des opposants. Loin de là. On peut même dire que si le oui l'a emporté, c'est du bout des lèvres.
A travers les commentaires recueillis, il ressort que c'est l'ensemble des négociations sur les deux années qui a été jugé.
Les augmentations collectives de 2009, ajoutées aux augmentations de cette année, représenteront 2%, soit l'inflation prévue. Mieux que dans beaucoup d'autres entreprises, même dans notre secteur.
L'accord permettant de garder les automatismes de l'ancienne classification continuera à produire ses effets pendant plusieurs années, dont 2010.
La prime exceptionnelle versée en juillet 2009 alors qu'il ne devait pas y avoir de versement d'intéressement, a été jugée comme compensant en partie la prime de fin d'année.
Et le nouvel accord d'intéressement signé en 2009, qui permettra de distribuer plus de 5 millions d'euros cette année, a été jugé comme positif sur la politique de rémunérations.
En parallèle, les difficultés actuelles de l'entreprise ont été prises en compte, que ce soit à cause du déficit de l'activité retraite ou du chiffre d'affaires concurrentiel prévu à la baisse cette année. Une partie des adhérents CFDT voulaient montrer qu'ils priorisent la défense de l'emploi dans la crise économique que nous vivons.
Enfin, c'est le fait que l'augmentation collective AG2R est « à valoir » sur d'autres augmentations collectives AGIRC ARRCO a aussi été pris en compte. Signer les accords d'entreprise n'empêchera pas la CFDT d'agir pour obtenir un résultat meilleur que le zéro actuel de la profession.
C'est donc l'avis que « c'est mieux que rien » et la volonté de montrer que la CFDT est dans une dynamique de négociation qui ont prévalu chez les adhérents.
Pourtant, nous sommes loin du plébiscite et il ne faut pas que la direction se trompe. Sa signature, la CFDT la considère comme un pari : celui que la direction prendra la mesure des efforts consentis par les salariés et saura, le moment venu, partager équitablement les fruits de la croissance.
Par la signature de la CFDT :
A cela il faut ajouter la suppression des droits d'entrée sur le PEE, obtenue par la CFDT en décembre 2009.
Quant aux modifications des garanties du contrat frais de santé, les discussions sont ajournées et reprendront dans le cadre d'un groupe de travail. En tout état de cause, la CFDT refusera la modification des remboursements lors d'une hospitalisation.
Commentaires
Mathématiquemen t, le niveau individuel devrait être pus important. Mais tant que les comptes 2009 n'auront pas été arrêtés, nous n'aurons aucune certitude sur le montant de l'intéressement. Seule élément certain : il y aura bien un intéressement cette année.
Merci pour les nouveaux embauchés qui vont se retrouver avec un salaire d'embauche gelé à la valeur 2009 et donc un déficit de pouvoir d'achat sur 2010 (sauf erreur l'INSEE prévoir 1,2% d'inflation en 2010 ils auront 0% d'augmentation en 2010 puisque leurs salaires d'embauche ne bougent pas), et eux comme ils sont embauchés en 2010, ils n'étaient pas là en 2009 et donc n'ont pas bénéficié du plus salaire sur l'inflation en 2009.
Merci pour tous les salariés présents depuis plusieurs années puisque, compte tenu de l'accord signé à AG2R, ils n'auront aucune augmentation de leur prime d'ancienneté en 2010.
Merci à la CFDT et à la Direction Générale pour la valeur qu'ils accordent au personnel d'AG2R-ISICA!
D'autre part, les 0,5% d'augmentation collective s'appliquent sur les salaires réels (donc tous les salariés sont concernés).
Enfin, tout en admettant que vous puissiez avoir un avis différent des négociateurs CFDT (la publication par la CFDT de votre commentaire en est la preuve), en quoi l'agressivité de vos propos ajoute-t-elle au débat ?
Ceci dit, arrêtons de nous regarder trop le nombril. Je vois autour de moi beaucoup d'entreprises où non seulement les augmentations de salaires sont nulles mais aussi où des plans sociaux sont mis en place. Alors, même si l'on peut faire mieux à l'AG2R, j'accepte aussi que l'on regarde le contexte économique actuel, les bénéfices plutôt maigres du groupe et que l'on mette en place un plan d'économie pour éviter à terme des licenciements.
Quant au commentaire de wyx : accepter une non augmentation pour éviter des plans sociaux OK ... mais que dire à AG2R quand la Direction prévoit en plus des non augmentations salariales un plan sur 2 ans en gestion de 127 disparitions de postes équivalents ETP (donc bien plus si on raisonne en nombre de salariés) ... est-ce ou non un plan social, économie sur les salaires ou pas ?
Concernant la réduction des affectifs prévus dans le plan d’entreprise, nous ne pouvons pas parler de plan social : cette réduction se fait sans licenciement mais uniquement à travers des départs à la retraite, le non remplacement de salariés quittant l’entreprise et la non reconduction de contrats CDD.
Ceci dit, c’est effectivement un plan d’économie sur les frais de personnel qui est mis en place.
J'ajoute que si vous representez en premier lieu les adherents CFDT, il y a aussi derriere vous les sympatisants qui pour x raisons ne desirent pas être syndiqués. En faisant le tour des bureaux, je n'ai pas l'impression que bon nombre de salariés soient heureux de cet accord a minima.
N'est ce pas dangereux de ne pas ecouter aussi les sympatisants
Merci
Pour répondre à votre question sur la représentation, nous devons effectivement préciser que nous ne représentons pas uniquement les adhérents CFDT, ni même les sympathisants mais également l’ensemble des salariés du groupe (ou tout au moins la majorité des salariés ayant voté pour la CFDT).
Sans entrer dans un débat qui serait riche et trop long pour ce commentaire, vous posez fort justement la question de la représentativit é d’une organisation syndicale et de la légitimité de ses prises de position.
Disons le tout net : il n’est pas possible de prendre en compte l’avis de l’ensemble des salariés AG2R, tout simplement pour des raisons d’organisation de la consultation.
Aucune organisation syndicale ne peut le faire. Pour autant, la légitimité de l’organisation syndicale est-elle remise en cause ?
Vous noterez que sous l’impulsion de la CFDT et de la CGT, les règles de représentativit é ont changé en France depuis 2 ans. Désormais, il faut qu’une organisation syndicale ait obtenue au moins 30% des votes aux élections de CE pour qu’elle puisse signer un accord. C’est un plus pour la démocratie, même si le système n’est pas encore parfait.
Nous ne pouvons que vous inviter à nous rejoindre en adhérant à la CFDT si vous souhaitez participer plus activement à l’élaboration de nos revendications et à nos prises de décision. Etre adhérent, c’est avant tout le droit de participer, si on le désire, à la vie de la CFDT. Vous pouvez donner votre avis au niveau de la section AG2R et du syndicat. Dans les autres instances de l’organisation, votre participation s’exercera par l’intermédiaire de mandats que vous confierez aux représentants que vous aurez choisis.
Etant donné qu'il n'y a que la CFDT qui a obtenu plus de 30% au dernier vote CE, cela signifie t-il qu'il n'y ait que la CFDT qui a le droit de signer ou pas un accord ?
Dans ce cas, comment peut-on parler d'avancée démocratique ?
La CFDT ne représente, à AG2R, que 41% des suffrages exprimés et n'est pas majoritaire au CE (22 DP CFDT / 49 DP total).
Les nouvelles règles de représentativit é mises en place par le pouvoir actuel ne sont là que pour exclure les avis les plus contestataires. Ce type de lois anti-démocratiques, de plus en plus répandues dans notre pays, est plutôt à combattre.
L'accord signé pour 2010 est loin d'être démocratique et représentif du sentiment général des salariés que la CFDT se dit défendre.
La CFDT a obtenu 41%, FO 29%, la CGT 19%, la CGC 8% et la CFTC 3%.
Peuvent donc signer un accord la CFDT seule ou FO et la CGT ensemble. La CGC est un cas à part dans le sens où elle n’est représentative que pour les cadres à l’inverse des autres organisations qui sont représentatives pout tous les salariés.
Comment peut-on parler d’avancée démocratique ?
Avant la loi (c’est une loi donc pas une décision de l’état, de plus une loi basée sur des propositions des organisations syndicales), un accord était valable s’il recueillait la signature d’une seule organisation syndicale. Ainsi nous avons pu voir à l’AG2R des accords s’appliquer à l’ensemble du personnel alors que seule la CFTC, représentant 3% des salariés, avait signé l’accord. C’est là que l’on peut mesurer l’avancée démocratique, même si le système n’est pas encore parfait.
D’autre part, la CFDT ne se juge pas comme étant la seule pouvant défendre les salariés. Notons simplement qu’elle recueille 41% des votes des salariés AG2R, plus de 50% des votes des salariés de La Mondiale (même 70% à Mons) et qu’elle est majoritaire en nombre de sièges (contrairement à ce qu’indique le commentaire précédent) dans les deux comités d’entreprise (même si cette majorité n’est pas absolue).
Elle a donc légitimité à représenter les salariés.
Dernier point : sur quoi porte le débat ? La signature par la CFDT d’un accord salarial augmentant les salaires de 0,5% au lieu d’une augmentation nulle. Même si certains jugent qu’il ne fallait pas accepter de signer un accord avec une augmentation si basse, acceptons que d’autres préfèrent obtenir 0,5% plutôt que zéro.
Regardons ce qui ce passe dans les autres boîtes. A l'AG2R depuis 2 ans, ce n'est pas si mal.
Bien sur, on peut avoir toujours plus. Mais je remarque que ce n'est pas les plus contestataires qui obtiennent ce plus. Ce sont ceux qui négocient vraiment.