Une restitution a été faite de l'enquête « ma vie au travail » au Comité d'Entreprise, au CHSCT, aux Délégués Syndicaux et sera faire progressivement aux salariés.
Rappelons que cette enquête effectuée par un consultant extérieur était prévue par l'accord signé dans le groupe sur l'identification et le suivi des situations de stress au travail. Un questionnaire « en ligne » avait été proposé aux salariés fin 2010.
Premier constat : la participation à l'enquête a été forte. Le taux de participation a été jugé comme excellent par les experts. 7025 questionnaires ont été distribués (mis en ligne) dans l'ensemble du groupe. 4553 réponses ont été enregistrées, ce qui donne un taux de participation de presque 65%. Chez AG2R, ce sont 66% des salariés qui ont répondu, chez La Mondiale 68%, tandis qu'à Premalliance le taux n'a été que de 48%. Il faut noter que pour cette dernière entité, une première enquête avait été faite il y a peu.
Compte tenu de ces taux de participation, les experts ont jugé les résultats significatifs et exploitables.
Second constat : cette participation forte entraine une réelle attente en terme de restitution et d'exploitation des résultats. Or, une première présentation a été faite au groupe de suivi, suivie d'une présentation très générale et très synthétique (sans la présence des experts) au Comité d'Entreprise. Le CHSCT, principale instance concernée par le suivi de l'enquête, ne sera lui informé que le 25 mars. Il ne peut donc être question aujourd'hui de donner des informations ou d'analyser des éléments que nous n'avons pas. D'autant que les éléments généraux fournis sont globaux. La Direction n'a pas présenté au CE les résultats par entités composant le Groupe. Difficile dans ces conditions d'analyser des réponses où se mêlent les ressentis des commerciaux de La Mondiale, d'AG2R, du marché des particuliers et des entreprises, des gestionnaires de métiers différents...
Cela dit, quelques éléments méritent une première approche d'analyse.
L'analyse des questionnaires a permis d'estimer le nombre de salariés du groupe ressentant un stress significatif de nature professionnelle.
Les travaux des experts conduisent à considérer comme inévitable (dixit les experts) la présence de 16 à 18% de personnes stressées dans une entreprise. Au sein d'AG2R La Mondiale, la population sensible au stress est de 20%. Si ces chiffres ne sont que légèrement supérieurs à ce que les experts peuvent apprécier (à tort ou à raison) comme une norme, la réalité par entités constituant le groupe est différente. Les experts ont réparti la population sondée en quatre zones :
Bien entendu, dans l'analyse, ce sont les deux dernières zones sur lesquelles il convient de se focaliser.

Alors qu'au global, 20% des salariés se situent dans la zone d'alerte, ils sont un peu plus de 20% a être dans cette zone chez AG2R, un peu de moins de 20% chez La Mondiale et environ 15% chez PREMALLIANCE. Mais là où le bât blesse dans le rapport transmis au CE, c'est que les chiffres par métiers sont uniquement globaux et qu'il n'est pas possible faire, par activité, un focus particulier. Il faudra attendre l'analyse plus poussée du CHSCT pour y voir un peu plus clair.


Les premiers commentaires, très succincts, des experts sont donc à prendre avec précautions. Ces premiers commentaires sont les suivants.
Dans un contexte socio économique qui inquiète près des trois quarts des collaborateurs, une confiance relative (60%) dans l'avenir de l'activité, alors que les marchés paraissent porteurs pour les trois quarts.
Des orientations stratégiques insuffisamment connues et moyennement partagées (moins de la moitié y adhère), associées à des décisions convaincantes pour un peu plus de 40% des salariés.
Des doutes pour la moitié de la population du groupe sur la maîtrise d'avantages concurrentiels.
Une fierté d'appartenance au Groupe qui se situe à un bon niveau (mais qui peut toutefois progresser).
Un attachement marqué à l'univers de proximité, dans lequel près de 80% des collaborateurs sont prêts à s'investir.
De bonnes relations avec la hiérarchie : disponible pour plus de 80% des salariés sondés, elle soutient bien les équipes et reconnait le droit à l'erreur.
Un style de management parfois insuffisamment participatif : à peine plus de la moitié des collaborateurs pensent pouvoir donner son avis ou se sentir écouté dans ses suggestions, ou participer aux décisions le concernant, et les occasions de réunion et d'échange sont loin d'être systématiques.
Des tensions entre collègues peuvent exister pour un tiers des sondés et le climat est vécu comme moyennement solidaire.
Un manque de cohérence entre les discours et les actes est ressenti par 40% des salariés et des contradictions peuvent être ressenties dans les missions et dans les instructions.
Très bonne connaissance de la mission et des rôles de chacun, pour plus de 80% des collaborateurs.
Bon niveau d'autonomie et de compréhension du sens dans le travail.
Sentiment de complexité et de multiplicité des tâches pouvant perturber un quart des salariés.
Les besoin de coordination transversale et d'anticipation du plan de travail ne sont pas assez pris ne compte.
Des fragilités perçues par près d'un tiers des salariés sur l'équité dans la répartition des charges de travail.
Des moyens et des conditions de travail globalement satisfaisants pour une majorité de collaborateurs mais un cadre peu favorable à la concentration pour 60% d'entre eux.
Pour une tiers des salariés, sentiment que le travail se dégrade et que l'on est impuissant à le faire évoluer.
Difficultés à anticiper le plan de travail journalier et à moduler le rythme de l'activité pour certains, mais il existe des latitude de liberté.
Il existe un sentiment d'inéquation de la charge pour une minorité.
Pour la plupart des collaborateurs, l'équilibre vie privée et vie professionnelle est préservé.
Excellente intégration des collaborateurs au sein de l'entreprise.
Les symptômes significatifs d'un stress professionnel sont ressentis par une minorité de personnes.
Des facteurs de stimulation au travail sont présents : près de 60% des salariés trouvent une vraie satisfaction dans leur travail.
Il ne sont cependant que 40% à avoir le sentiment de pouvoir s'y surpasser.
Concernant la politique de ressources humaines :
Les trois quarts des salariés aiment leur travail actuel et s'y sentent compétents.
Plus de la moitié évoquent cependant un sentiment de décalage entre activité réalisée et compétences disponibles.
Le sentiment de devoir continuer à se former est majoritaire.
La pratique de l'évaluation suscite des attentes : 40% des salariés pensent qu'elle permet de mieux adapter les ressources aux besoins de l'entreprise.
La reconnaissance du travail est ressentie comme insuffisante par 60% des salariés, ce qui se cristallise sur la rémunération.
Les perspectives d'évolution au sein du Groupe sont peu visibles. Seuls 20% des salariés se projettent dans l'avenir.
La stabilité de l'emploi ne peut pas tout compenser.
Ces commentaires et analyses appartiennent aux experts chargés de l'enquête.
Reste à approfondir cette analyse avec les représentants du personnel, notamment le CHSCT. Et d'affiner l'analyse par entités du Groupe, par activité, par métiers et, peut-être, lorsque ces éléments seront pertinents, par régions ou établissements.
Il restera aussi, pour la Direction, à communiquer largement ces résultats auprès des salariés du Groupe.
Mais surtout, il restera à bâtir un plan d'action à partir des résultats de cette enquête. Car si faire un bilan est une étape nécessaire, encore fait-il ensuite agir en définissant des priorités, à adoptant des méthodes de travail et une organisation efficace.
Commentaires
Comme vous le précisez, une analyse plus précise viendra plus tard du CHSCT. Cependant quelques points sont déjà à remarquer dans votre compte rendu.
Il est logique qu’une grande part soit consacrée au stress, elle fait d’ailleurs la une de votre étude ; il est donc surprenant, pour ne pas dire incohérent, de lire que « 80 % de salariés sondés ont de bonnes relations avec leur hiérarchie et 66 % avec leurs propres collègues », et par ailleurs que « les symptômes significatifs d’un stress professionnel sont ressentis par une minorité (?) de personnes » On se demande bien alors d’où peut venir tout ce stress, ressenti autour de soi à longueur d’année, tous services confondus... ! ?
Vous signalez aussi que « pour la plupart des salarié (au moins la moitié donc), l’équilibre vie privée et vie professionnelle est préservée »... Ah bon ? Et dans quels centres ? La vague open space n’aurait pas touché tout le monde ? Ils en ont de la chance, quand on voit le résultat des reportages dans les médias...
Un autre point curieusement à peine évoqué, je site intégralement : « La reconnaissance du travail est ressentie comme insuffisante par 60 % de salariés, ce qui se cristallise sur la rémunération. »
...Si, et en espérant que cette étude ait réellement été faite en toute impartialité et intégrité, il est étrange de constater que le principal souci de tout salarié, à savoir son salaire, soit pratiquement passé inaperçu !
J’espère que le sujet des rémunérations fera l’objet d’n chapitre !? C’est à croire que la grande majorité ne s’est pas plainte dans ce sondage. Et ça, je n’y crois absolument pas !
Mais il y a manière et manière de donner l’information...
Pour conclure, vous indiquez la nécessité de « bâtir un plan d’action à partir des résultats de cette enquête », je dirais même de l’importance de le faire, dans le cas contraire je ne vois pas l’utilité de tout ceci, à moins que donner l’illusion de pouvoir se faire entendre suffise à calmer les masses...
Ce ne serait pas nouveau !