Le 5 décembre, s'est tenue la première des réunions de négociations annuelles obligatoires (NAO). A l'ordre du jour, l'emploi et les rémunérations. Il s'agissait surtout d'établir un constat de la politique du groupe en 2011. Les revendications des organisations syndicales ne seront présentées et discutées que lors des réunions suivantes, en décembre et janvier.
Les constats de la CFDT vont permettre de bâtir des revendications axées autour d'un sujet principal : la revalorisation de bas salaires et l'équité dans la politique de rémunération.
Rémunérations : le constat
La direction a présenté aux délégués syndicaux les éléments suivants :
Le nombre de salariés (CDI et CDD) ayant obtenu une augmentation individuelle serait de 1288, soit 21% des employés, 26% des AM et 23% des cadres.
A ce nombre, il convient d'ajouter 210 salariés qui ont bénéficié d'une augmentation liée aux automatismes de l'ancienne classification. Et d'additionner aussi 326 salariés qui ont vu leur salaire augmenter grâce à un passage du niveau A au niveau B.
Soit un total de 1824 salariés qui ont bénéficié d'une augmentation individuelle entre janvier et fin septembre 2011.
Premier constat : le nombre de promotions individuelles octroyées n'a pas diminué avec l'application de la nouvelle classification, contrairement aux prévisions alarmantes de certaines organisations syndicales. Les chiffres le démontrent.
Au niveau des rémunérations moyennes, le salaire moyen des employés aurait augmenté de 3% entre décembre 2010 et septembre 2011, celui des agents de maîtrise de 2,2% et celui des cadres de 2,8%.
Tout va-t-il donc bien dans le meilleur des mondes possibles ?
Au delà d'un constat positif que fait la Direction de sa politique de rémunération, la CFDT a pointé des manques, des dérives, des inégalités.
Tout d'abord, on peut constater que la direction présente des moyennes de rémunérations et que les rémunérations les plus hautes tirent cette moyenne vers le haut. Quel est le pourcentage d'augmentation des plus bas et des plus hauts salaires ?
De plus, examiner des pourcentages d'augmentation ne recouvre pas la même réalité que regarder les augmentations en euros.
Ainsi, on peut voir que pour les classes employés, les augmentations se situent entre 59 et 70 euros par mois. Dans les classes 4 et 5, elles se placent entre 63 et 93 euros. Dans les classes 6 à 8, elles se situent entre 66 et 187 euros d'augmentation mensuelle. La politique de rémunérations du groupe a donc plutôt tendance à creuser l'écart entre les bas et les hauts salaires.
Autre source d'iniquité, la politique de primes. Car si la Direction communique facilement sur les augmentations individuelles et collectives, elle le fait plus difficilement sur sa politique de primes.
On peut distinguer les primes commerciales, qui correspondant aux challenges commerciaux, destinées uniquement aux commerciaux (hors assistantes) et les primes dites exceptionnelles.
Concernant les primes commerciales, notons que le système n'a jamais été négocié avec les représentants du personnel. Si les règles sont communiquées aux salariés en début d'année, elles sont arrêtées par la direction et peuvent changer d'une année sur l'autre, sans concertation.
Concernant les primes dites exceptionnelles, force est de constater qu'elles n'ont plus un caractère exceptionnel. Le nombre de primes distribuées, 1514, et le montant global, plus de 2 millions d'euros, indiquent que ce mode de rémunération devient une pratique courante et récurrente, en parallèle des augmentations individuelles.
Si l'on examine la politique de rémunérations du groupe, on peut constater que les augmentations individuelles représentent 28% de cette politique avec 2, 5m€, les augmentations collectives 26% avec 2,4m€, les primes commerciales 21% avec 1,9m€ et les primes dites « exceptionnelles » 25% avec 2,3m€.

Les négociations avec les partenaires sociaux ne concernent que l'enveloppe des augmentations collectives, (même si le montant de cette enveloppe influe sur le montant des autres). On peut donc en conclure que 74% des budgets relatifs aux rémunérations des salariés échappent à la négociation et restent au libre arbitre de la seule direction. Une situation paradoxale dans un groupe qui prône le « dynamisme social » !
Or, l'équité dans la politique de rémunérations doit aussi prendre en compte les enveloppes d'augmentations individuelles et les enveloppes de primes.
En effet, dire que si 23 % des cadres ont eu une augmentation individuelle, 21% des employés et 26% des AM aussi, c'est laisser de côté une autre réalité : presque 1 cadre sur deux a eu une prime individuelle cette année (hors prime commerciale), d'un montant moyen de 1642€ pour les femmes et de 4131€ pour les hommes.
Ces constats plaident pour une autre politique dans le groupe, basée sur une revalorisation des bas salaires, une plus grande transparence dans les modes de rémunérations et une meilleure équité entre les différentes catégories de personnel.
Prochaine réunion : le 22 décembre.
Alors que la Direction souhaitait annuler cette réunion dans l'attente des négociations au niveau de la profession, la CFDT a insisté pour maintenir cette date.
En effet, plusieurs sujets d'importance ne peuvent pas attendre l'année prochaine :
Commentaires
Déjà, ça permet de "cultiver" son jardin et ses jardiniers, c'est bien connu aussi, les plantes ne disent jamais rien.
C'est une autre évidence, surtout en ces temps de crise: ce qui est le plus important c'est quand même ce qui reste à la fin du mois dans le porte monnaie. Une fois les charges récurrentes payées: il en reste moins (voire 0) au smicard qu'au cadre sup. Quand on voit les montants "moyens" distribués, c'est dur à avaler: la moyenne des primes d'une femme cadre est égale à un mois de salaire d'un employé en classe 3c avec quelques années de bons et loyaux services. Et pour les cadres hommes, on multiplie par 2,5. Tout cela entretient pour une bonne partie des employés une certaine suspicion vers l'encadrement qui a une fâcheuse tendance à s'accaparer à leur profit (c'est le cas de le dire) les idées et le travail des sous fifres. Depuis longtemps, les enveloppes des augmentations sont à sens unique: on voit même des chargés de CRC qui ont eu des primes de 80€...misère !!
PARLER D ARGENT SERAIT INDÉCENT ALORS QUE LA FRANCE VA PERDRE SON TRIPLE A , N EST CE PAS ?
bonnes fêtes à toutes et n'oubliez pas mon petit soulier