
Face à la très faible participation au scrutin prud’homal du 4 décembre, la CFDT considère que l’avenir est dans les élections de proximité.
L’élection prud’homale a montré ses limites. À peine un salarié sur quatre (25,5 %) a voté, alors même que les modalités de vote par correspondance avaient été assouplies pour enrayer la hausse inexorable de l’abstention. Peine perdue : passée de 63 % en 1979, date de création du scrutin, à 32,61 % en 2002, date à laquelle elle avait semblé marquer un palier par rapport à 1997, la participation chute fortement en 2008 de plus de 8 points. Un désaveu pour le ministre du Travail, qui avait fait de l’accroissement de la participation un objectif prioritaire. La faible participation, analysait François Chérèque déjà en 2002 « ne remet pas en cause la légitimité de l’institution prud’homale, mais il est évident que cette élection ne peut servir plus longtemps de test de représentativité ». L’élection de 2008 le prouve.
Analysant les résultats, dans la nuit du 3 au 4 décembre, Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques à Sciences-Po (Cevipof), évoquait ainsi « l’effet de crise » qui favorise la radicalité, et « l’émiettement » de la participation comme de l’audience des grandes confédérations du fait d’un nombre de listes plus important. Toutes les grandes confédérations baissent en nombre de voix.
Pour autant, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, n’a pas cherché à éluder le résultat : « Je suis déçu, mais j'assume le résultat des élections. » Il voit dans ces résultats la confirmation de ce que la CFDT défend : « C'est dans l'entreprise que l'élection positive doit se faire, et c'est là que se déplacent les salariés, donc le type de scrutin doit évoluer, mais je crois que tout le monde est d'accord sur ce point. »
Pour l’a CFDT, c’est donc avant tout la confirmation de la stratégie dans laquelle elle s’est engagée avec la position commune CFDT-CGT, a analysé François Chérèque : « Le syndicalisme de la CFDT est un syndicalisme de proximité qui se réalise dans les entreprises, ce qui valide la décision de la loi de faire que la vraie représentativité soit dans les entreprises. D'ailleurs, dans les résultats des élections d'entreprises, on fait jeu égal avec la CGT. » Une façon de rappeler que, si le résultat de ce scrutin prud’homal est décevant pour tous, surtout au regard de l’énergie et de la dynamique mises en œuvre au cours de la campagne, il n’est pas question de baisser les bras. Le véritable combat commence aujourd’hui, avec l’entrée en vigueur des nouvelles règles de représentativité. Les récents résultats aux élections professionnelles, chez Michelin Clermont-Ferrand ou à DHL, montrent que la CFDT sait répondre aux préoccupations quotidiennes des salariés. Dès à présent et plus que jamais, des pratiques syndicales mêlant proximité, pédagogie et dynamisme seront le cœur d’activité des militants CFDT. François Chérèque l’a dit : « J'ai confiance dans les militants de la CFDT qui, dans les entreprises, ont la confiance des salariés. »