
Les négociations sur les retraites complémentaires se sont ouvertes le 27 janvier. Objectif pour la CFDT : garantir une retraite complémentaire à partir de 60 ans sans abattement. Les négociations qui s’ouvrent ont un enjeu fondamental pour l’avenir du système de retraite des salariés du privé.
Quelques explications : il s’agit de renouveler pour 5 ans les accords concernant la retraite complémentaire en général et de l’AGFF en particulier.
L’AGFF est un fonds, mis en place en 1982 lors de l’instauration de la retraite à 60 ans. Il permet de financer le surcoût des retraites complémentaires de 60 à 65 ans. Donc, sans financement de ce fonds, pas de retraite complémentaire à 60 ans.
Second problème : le taux de remplacement des régimes ARRCO et AGIRC, c'est-à-dire le pourcentage de pension par rapport au niveau de salaires. Le prix d’achat des points suit l’évolution des salaires tandis que les pensions suivent l’évolution des prix. Résultat : une baisse du taux de remplacement.
Troisième problème : l’équilibre des comptes des régimes.
Jusqu'à présent, les analyses montraient que, pour l’ARRCO, la situation pouvait rester positive jusqu’en 2028. Par contre, l’AGIRC est déjà déficitaire. Les chiffres fournis durant la réunion confirment que la crise impacte déjà la situation financière des régimes. Le déficit devrait être là cinq ans plus tôt que prévu. L'AGIRC serait en déficit de 720 M€ en 2009 et de 2,5 Md€ en 2020. Quant à l'ARRCO, le déficit s'élèverait à 620 M€ en 2010 et à 5,1 Md€ en 2020. Par contre, et les organisations syndicales le regrettent, l'étude ne prend pas en compte les produits financiers générés par les réserves et semble sous-estimer les effets du chômage. D'autres chiffres devraient être fournis pour alimenter les prochaines réunions.
Dans ce contexte, la CFDT veut d’abord et surtout garantir une retraite complémentaire à partir de 60 ans sans abattement. Ce qui implique le maintient et la pérennisation de l’AGFF.
Ensuite, la CFDT veut la poursuite du rapprochement entre l’ARRCO et l’AGIRC. Elle souhaite rétablir l’équilibre financier des deux régimes rapidement. C’est une condition à la survie de la retraite complémentaire.
Mais dans ces négociations, la patronat n’a pas les mêmes objectifs. Il compte utiliser les effets de la crise sur l’évolution de la situation financière des régimes pour décaler l’âge de la retraite. Et pour cela, il utilise un moyen de chantage : la non reconduction du dispositif de l’AGFF.
La CFDT veut un nouvel accord qui garantisse l’avenir. Une alternative serait de simplement prolonger les accords actuels. Mais dans ce cas, le rendement actuel continuerait à se dégrader.
Les accords établis en 2003 devaient être renouvelés avant le 31 décembre 2008. Ils ont été prolongés jusqu’au 31 mars 2009. Il reste donc deux mois pour parvenir à de nouveaux accords.