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Une pétition "SOS-AFP" est proposée par l'intersyndicale CFDT-CGT-SNJ-FO-SUD de l'AFP. En effet, la particularité de l'AFP, qui en fait un organisme indépendant remplissant une mission d'intérêt général, risque d'être supprimée par un changement de statut. L'AFP deviendrait une société anonyme dotée d'actionnaires.

 

 



Pétition : "Requête, réclamation... Ecrit adressé aux pouvoirs publics, par lequel toute personne (seule ou avec d'autres) exprime son opinion sur ce qui la concerne ou sur une question d'intérêt général." - le Petit Robert.
La pétition que l'intersyndicale vous invite à signer correspond exactement à cette définition, car l'"information complète et objective... exacte, impartiale et digne de confiance" dont il est question dans les statuts de l'Agence France-Presse relève bien d'une question d'intérêt général.
Et la pétition sera bien "adressée aux pouvoirs publics" car à la fin de la campagne - soit lorsqu'un projet de loi modifiant notre statut de 1957 sera déposé devant le Parlement, soit lorsque la direction de l'Agence et le gouvernement abandonneront leur projet - la liste complète des signatures sera tirée sur papier et apportée à l'Assemblée nationale.


Au fil des ans, plusieurs gouvernements ont été tentés de modifier le statut de l'Agence France-Presse. En 2000, un projet visant à adosser l'Agence à Vivendi, alors au sommet de sa notoriété et à la veille de l'éclatement de la "bulle Internet", a échoué en grande partie grâce à l'opposition du personnel.
L'offensive actuelle a pris de l'envergure en 2008, lorsque l'AFP a subi des attaques particulièrement vives de plusieurs membres de la majorité. En mai le porte-parole de l'Union pour une majorité populaire, Frédéric Lefebvre, accuse notre agence de ne pas avoir suffisamment repris ses communiqués concernant une plainte judiciaire visant Ségolène Royal. M. Lefebvre saisit le Conseil supérieur de l'AFP sur cette question.
Répondant au porte-parole de l'UMP, le PDG Pierre Louette note que l'entreprise n'a pas vocation à "devenir une machine à diffuser des communiqués", et le président de la Société des journalistes de l'AFP, Christophe Beaudufe explique que l'agence "n'est pas un blog sur lequel les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des communiqués à leur guise". La plainte déposée par le parti au pouvoir devant le Conseil supérieur sera rejetée.
Egalement en mai 2008 un autre député UMP, Claude Goasguen, dit qu'il "souhaite ardemment une privatisation" de l'AFP, qu'il qualifie d'"agence d'Etat".
En juillet le PDG Pierre Louette, qui deux ans plus tôt avait annoncé qu'il n'avait "pas vocation à réformer les statuts de l'agence" et que ces derniers "n'ont pas empêché l'agence de vendre ses produits à l'international et à être probablement la première agence généraliste en Asie et au Moyen-Orient", a subitement affirmé son désir de "toiletter" le statut. Il évoque, entre autres mesures, un allongement du mandat du PDG de trois à cinq ans, et la fin de la règle qui oblige l'agence à présenter un budget en équilibre. L'intersyndicale note que "dans le contexte politique et économique actuel, ces propositions de toilettage représentent un risque réel et grave d'une remise en cause globale du statut."
En septembre le gouvernement publie le rapport Giazzi commandé à l'occasion des Etats-généraux de la presse voulus par le Président Nicolas Sarkozy. Parmi les propositions, "la transformation de l'AFP en société anonyme, lui permettant de se doter d'un capital et de fonds propres." (En fait, les Etats-généraux de la presse n'aborderont pas la question de l'AFP).
Le mois suivant, le gouvernment annonce officiellement que M. Louette est "mandaté" pour proposer un changement de statut qui doit notamment "doter l'Agence d'un actionnariat stable" et "conforter son rayonnement international et européen".


Cette annonce, suivant les critiques particulièrement dures lancées contre l'Agence par des représentants du pouvoir, provoque une grande inquiétude au sein du personnel. L'intersyndicale lance la pétition "SOS-AFP" le 27 novembre. Elle appelle à refuser "toute modification qui aurait pour effet soit de transformer l'AFP en agence gouvernementale, soit de la livrer en totalité ou en partie à des entreprises privées quelles qu'elles soient et sous quelque forme que ce soit".

 

Texte de la pétition :

Nous soussignés, citoyens, salariés de l'Agence France-Presse et organisations attachés au pluralisme et au droit à une information complète et objective, affirmons notre soutien à l'indépendance structurelle de l'AFP.
Depuis plus de cinquante ans, son statut ne l'a pas empêchée de devenir l'une des trois grandes agences de presse mondiales, présente sur les cinq continents et travaillant dans six langues.
Nous refusons toute modification qui aurait pour effet soit de transformer l'AFP en agence gouvernementale, soit de la livrer en totalité ou en partie à des entreprises privées quelles qu'elles soient et sous quelque forme que ce soit.
Nous exigeons que l'agence conserve sa particularité, sa capacité à remplir sa mission d'intérêt général et son indépendance structurelle. Par conséquent, nous nous opposons à toute modification qui dénaturerait son statut, inscrit dans la loi de 1957.

 

Signez la pétition sur le site http://www.sos-afp.org/

 

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