Les contrevérités au sujet des retraites fleurissent depuis que le gouvernement a décidé de les réformer. L'une d'elle, très répandue, concerne les conditions très favorables de départ en retraite en France par rapport à nos voisins. Tordons le cou à cette contrevérité.
Les comparaisons concernant la retraite doivent prendre en compte plusieurs paramètres. L'âge légal de départ à la retraite n'est qu'une donnée. Il est indispensable pour avoir une vision objective, de regarder aussi la durée de cotisations nécessaire pour bénéficier d'une retraite complète, et l'âge de départ possible à taux plein sans minoration due à des cotisations insuffisantes.
Et si l'on prend en compte l'ensemble de ces paramètres, on constate que La France n'est pas le pays privilégié que certains décrivent.
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France |
Allemagne |
Espagne |
Pays Bas |
R U |
Danemark |
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Age mini |
60 ans |
63 ans |
65 ans |
65 ans |
65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes |
65 ans ou 60 ans avec une épargne retraite anticipée |
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France |
Allemagne |
Espagne |
Pays Bas |
R U |
Danemark |
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Durée de |
40,5 ans |
35 ans |
35 ans |
50 ans de résidence |
44 ans pour les hommes et 39 ans pour les femmes |
40 ans de résidence |
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France |
Allemagne |
Espagne |
Pays Bas |
R U |
Danemark |
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Taux plein |
65 ans |
65 ans |
65 ans |
65 ans |
65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes |
65 ans |
Si le gouvernement va au bout de sa réforme, force est de constater que la France deviendra un des pays d'Europe les plus durs au niveau des conditions de départ à la retraite.
Car l'âge minimum de départ passera à 62 ans et l'âge pour obtenir sa retraite sans condition de durée sera reculé à 67 ans.
A ces conditions, il faut ajouter la durée de cotisations qui sera de 41,5 ans en 2020.
Si d'autres pays ont décidé de mettre également en place des réformes, ils compensent le recul de l'âge par une moindre durée de cotisations.
Ainsi le Royaume Uni, s'il reculera l'âge minimum à 68 ans en 2046, n'exigera que 30 ans de cotisations au lieu de 44 ans pour les hommes et 39 ans pour les femmes. L'Espagne se contente de 35 ans de cotisations aujourd'hui et, si elle a décidé de porter l'âge minimum à 67 ans en 2025, c'est avec un abaissement de la durée de cotisations à 25 ans.
Les Français sont les seuls avec les allemands (qui passent la durée de cotisations à 45 ans en 2029 pour une retraite à 65 ans et passe l'âge à 67 ans pour 35 ans) à jouer à la fois sur le recul de l'âge et la durée de cotisations.
Et encore faut-il pondérer l'analyse de la situation allemande en notant qu'interviennent les équilibres démographiques et que l'Allemagne, dont le taux de fécondité est particulièrement bas, sera confrontée dans 15 ans à des déséquilibres que ne connaîtra pas la France.
La réforme mise au point par le gouvernement, si elle passe en l'état, pénalisera bien plus que dans les autres pays les salariés qui ont eu des carrières incomplètes.
Commentaires
Ce qui a été décidé par les congressistes à Tours en juin 2010 (et qui est l’expression de la majorité des adhérents CFDT) :
Une acceptation de l’augmentation de la durée de cotisations présuppose pour la CFDT un certain nombre de conditions :
- la possibilité de choix renforcé (possibilité pour chaque salarié de construire son parcours professionnel en choisissant sa date de départ à la retraite, quelque soit l’âge dès lors que le nombre de trimestres est atteint)
- partage des gains d’espérance de vie
- reconnaissance de la pénibilité
- meilleur prise en compte des trimestres actuellement mal ou non pris en compte (chômage, maladie, stage, RSA)
- adoption de dispositifs de solidarité avec les carrières féminines, les parents de famille modeste
- maintien du dispositif de carrières longues
En bref, s'il devait y avoir augmentation de la durée de cotisations, çà ne pourrait pas être dans le cadre du projet actuel du gouvernement.