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données sociales

Analyse de la situation de l’emploi chez AG2R

Ce que nous apprend le rapport social 2018, produit par l’expert du Comité d’Entreprise : la poursuite de la décroissance des effectifs.

La poursuite de la décroissance des effectifs est manifeste.
Bien entendu les départs de salariés vers Muta Santé (66 salariés), vers Humanis (19 salariés) ont participé à ce mouvement. Mais, hors ces transferts ou mutations, la baisse des effectifs CDI a été de 4,3% en 2018.

On peut remarquer que la diminution des emplois est plus rapide que la trajectoire annoncée par le groupe. En effet, pour parvenir à une diminution de 10% de ses frais de fonctionnement, le groupe avait décidé de baisser de 2% par an d’ici 2020 le nombre de ses collaborateurs. La baisse a été de 4,9% en 2017 et de 4,3% en 2018.

2018 a enregistré très peu d’embauches en CDI. Et le taux de remplacement est de 1 entrée pour 5 départs. Mais pour autant, ce tarissement ne se fait pas en faveur de l’embauche de CDD. Au contraire, là aussi le nombre diminue (-11%).

Ajoutons que ce recul touche toutes les familles de métiers. Pour la CFDT, la preuve est faite que la direction a une approche purement quantitative dans son pilotage de l’emploi.  Alors que certains métiers devraient au contraire l’objet de recrutements, cette démarche passe sous les fourches caudines de la logique indifférenciée d’abatage des coûts.

Cette baisse sensible des effectifs a un impact direct sur la qualité de gestion et le service rendu à nos clients.

Elle dégrade aussi nettement les conditions de travail des salariés, car l’activité ne diminue pas en proportion de la réduction du nombre de collaborateurs.

Ces mauvaises conditions de travail se traduisent par un taux d’absentéisme important. Ce lien de cause à effet est conforté par l’observation des populations de salariés absents. La moyenne en France montre un absentéisme croissant avec l’âge. Cette tendance ne se vérifie pas chez AG2R où les taux d’absentéisme les plus élevés se situent plutôt chez les salariés âgés entre 26 et 40 ans.

Pour la CFDT, il est temps que le groupe change de logique.

Car le discours de la direction sur la nécessité de faire des économies masque une autre réalité : ne pouvant plus financer les investissements nécessaires par l’augmentation des ressources, la direction se contente de mettre la pression sur les coûts, notamment les plus importants, les frais de personnel.

Pourtant une autre logique existe : augmenter les marges de manœuvre en augmentant les ressources. Autrement dit, miser sur un développement commercial rentable.

Mais cette logique est incompatible avec le contexte actuel de réduction des effectifs. Il faut des équipes commerciales pour vendre les contrats et défendre le portefeuille et des gestionnaires dotés d’outils performants pour gérer correctement ces contrats afin de répondre aux attentes des clients. D’autant que la méthode actuelle appliquée ne produit pas les effets escomptés. En effet, malgré un blocage complet des embauches, les frais continuent à augmenter.

Pour la CFDT certaines économies sont sans doute nécessaires. Mais il convient de sortir de cette logique aveugle d’abattage des coûts pour avoir une analyse plus fine et mobiliser plus efficacement nos moyens.

Le nouvel accord GPEC qui en en cours de négociations devrait tendre vers cet objectif. En effet, il devrait mettre en perspective les besoins en emplois sur 3 ans et entrer dans l’équation des orientations stratégiques de l’entreprise les recrutements nécessaires.

Mais encore faudra-t-il que la direction se donne les moyens de faire vivre cet accord.