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Une remise en cause de l’âge de départ à la retraite ?

Lors d’une prise de parole médiatique le 17 mars, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a dit envisager de « proposer un allongement de la durée de travail » dans le cadre de la réforme des retraites.

Le ministre des comptes publics Gérald Darmanin a lui affirmé le 19 mars que la proposition d’Agnès Buzyn est digne d’être « étudiée » par l’exécutif. Et a ajouté qu’il ne sera pas possible de financer les propositions qui ont émergé du grand débat « sans toucher à ce qui est l’essentiel de notre dépense publique, qui est la dépense sociale, composée en très grande partie des retraites ». Le 20 mars, le journal Le Monde indiquait que le fait que la règle des 62 ans « n’était plus gravée dans le marbre » aurait été confirmé au sommet de l’État, c’est-à-dire à l’Élysée.

Invité par BFM le 21 mars, le secrétaire général de la CFDT a demandé au gouvernement de respecter son engagement de ne pas toucher à l’âge légal de départ en retraite. Il a demandé une « clarification » au gouvernement sur la réforme des retraites.

La réforme promise par Emmanuel Macron pendant la campagne électorale et préparée par Jean-Paul Delevoye reposait sur deux préalables : il n’était question ni de reculer l’âge de la retraite ni de faire des économies sur un système dont l’équilibre financier avait été restauré par les précédentes réformes.
La CFDT a rappelé au gouvernement les engagements pris, et à souligner l’enjeu de confiance nécessaire pour mener à terme la concertation en cours et la réforme.
Cette antienne du report de l’âge de départ à la retraite vient contredire les engagements pris par le président de la République avant son élection, et les arbitrages du gouvernement rendus publics lors de la réunion multilatérale du 10 octobre dernier : l’âge auquel les personnes pourront réclamer le versement de leur pension restera fixé à 62 ans.
Ces engagements successifs sont la base sur laquelle la concertation repose. Si les arbitrages sont régulièrement remis en cause, c’est toute la concertation qui s’éteindra. La CFDT a demandé donc au gouvernement de réaffirmer que la durée d’activité ne sera pas une des variables de la réforme à venir.

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