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Coûts de fonctionnement : on ne nous dit pas tout !

A l’occasion de la présentation des comptes 2019 du groupe au CSE AG2R, il est édifiant d’examiner d’un peu plus près de frais de gestion AG2R et la politique aveugle de réduction des coûts de la direction.

Nous entendons depuis plusieurs années un discours récurrent de la direction : il faut faire des économies pour être compétitif.

Pourtant depuis 5 ans, des économies importantes ont été faites sur les frais de fonctionnement du groupe. Les brochures budgétaires fournies aux conseils d’administration montrent qu’en 2015 les charges courantes du GIE AG2R étaient de 765m€. En 2019, elles ne s’élevaient plus qu’à 721 m€, soit une économie de 44m€ et une diminution de 5,70%.

Sur quels postes s’effectuent principalement ces économies ?

De 2015 à 2019, l’essentiel des économies a été fait sur les frais de personnel.

Ainsi les frais de personnel s’élevaient à 516m€ en 2015. Ils n’étaient plus que de 436m€ en 2019, soit une économie de 80m€ et une baisse de 15% !

Et la pression mise sur les frais de personnel est encore plus dure que ce qui est présenté au Conseil d’Administration. Alors que la direction a, en 2019, fait voter le CA sur une somme de 458m€ pour le GIE AG2R, elle n’a en fait dépensé que 436m€, soit 22m€ qui ont disparu dans un « tour de passe-passe » sans aucune explication.

Le constat est clair : la diminution des frais de personnel en 5 ans a été beaucoup plus rapide que la baisse générale des frais, 15% contre 5,70%.

Dans une entreprise de services comme AG2R, il est normal que les frais de personnel représentent la part la plus importantes des coûts de fonctionnement. Mais cette part est passée en 5 ans de 67% à 60%. Peu d’entreprises ont réussi à imposer une telle pression sur leur masse salariale.

Pourtant, l’activité du GIE AG2R n’a pas diminué dans les mêmes proportions.

Le nombre de dossiers retraite à payer a augmenté et si le chiffre d’affaires en santé prévoyance s’est tassé (-3,6% en 5 ans), il faut rapprocher ces chiffres des 15% de diminution des frais de personnel.
La preuve de cette volonté de faire supporter l’essentiel de ses économies sur la masse salariale du GIE sans tenir compte de l’activité réelle se voit dans les coups de de rabots uniformes donnés dans toutes les directions métiers : aucun remplacement et une diminution identique des frais, peu importe les besoins.

L’essentiel de cette baisse des frais de personnel s’est traduit par une baisse des effectifs. De 2015 à 2019, les effectifs du GIE AG2R sont passés de 6318 CDI à 5321, soit une baisse de 16% (avec un effectif de CDD quasiment stable).

Les conséquences

Hémorragie dans les effectifs avec activité constante, la conséquence directe est incontournable : une augmentation importante de la productivité. « Faire autant » avec moins de salariés aboutit « à faire plus ».

Mais la productivité a un maximum atteignable. Et le décalage provoque une détérioration de la qualité de service que l’on constate de plus en plus. Les motifs de résiliation de contrats de la part de nos clients montrent que cette baisse de qualité devient une cause majeure.

Cela a aussi un effet direct sur les conditions de travail, dont on ne peut que constater une alarmante dégradation. Cette dégradation est mesurable par le nombre d’arrêts de travail.

Voici le taux de salariés ayant eu un arrêt de travail au 1er trimestre 2020, par régions, mesuré sur les établissements de plus de 5 salariés, en excluant les arrêts de travail dérogatoires dus au COVID 19.

On peut constater que des taux d’absentéisme importants, entre 22% et plus de 40%.

Comment sortir de cette situation ?

Nous avons démontré l’importance de la réduction des coûts de gestion opérés depuis 5 ans (44 m€).

Mais la direction estime que l’effort est insuffisant. A horizon 2022, le Groupe s’est fixé comme objectif la réduction de ses frais de 40 M€ nets sur la santé prévoyance (les économies sur l’activité retraite étant considérées comme étant quasiment effectuées).

Le seuil à franchir est considérable : il sera demandé presque autant d’économies en 3 ans que ce qui a été opéré en 5 ans !

Nous avons souligné que les économies étaient faites avant tout sur les frais de personnel, 80m€ en 5 ans, soit une diminution de 15%. On peut donc en conclure que si la direction ne change pas de logique, les nouvelles économies décidées porteront surtout sur la masse salariale.

Pourtant, nous avons souligné les conséquences néfastes de cette logique : augmentation de la productivité excessive et dégradation des conditions de travail, avec augmentation des arrêts maladies, perte de motivation et de confiance en l’entreprise.

Pour la CFDT une autre voie est possible : augmenter les ressources par une augmentation d’un chiffre d’affaires rentable.

Si les ressources de gestion augmentent, les coûts de fonctionnement ne progresseront pas dans les mêmes proportions. En effet, le ratio coûts/ressources diminuera, du fait des coûts fixes importants et la mutualisation de ces coûts.

Mais pour la direction le développement commercial ne semble plus être une priorité.
Les moyens octroyés aux marchés des entreprises et des particuliers le démontrent.
Comment vendre et préserver le portefeuille lorsque les effectifs de commerciaux diminuent (en 3 ans, de 2016 à 2018, la baisse a été de 7%, soit 39 commerciaux en moins) ?
Pourquoi la nouvelle organisation de la distribution est-elle toujours inachevée et quand elle se met en place, c’est souvent au forceps et sans réelle adhésion des salariés concernés ?

Si le groupe ne choisit pas une autre voie que la réduction toujours plus importante de ses frais de personnel, la CFDT juge qu’il va perdre sa richesse la plus importante : l’adhésion de ses salariés.
Et dans la période difficile qui s’ouvre après la crise sanitaire et la crise économique sans précédent qui en découle, ce sont bien les salariés AG2R LA MONDIALE, tous ensemble, qui permettront à l’entreprise de maintenir son développement.

3 réponses à Coûts de fonctionnement : on ne nous dit pas tout !

  • Très intéressant mais qu’en pense la présidence de la Sommitale

  • Beaucoup d informations intéressantes. Cela remet le discours de la direction dans le bon contexte.

  • que pense la DRH de l absentéisme constatée depuis debut 2020… les déménagements forcés entre Montholon Levallois et Dolet notamment en région parisienne (sans aucune compensation contrairement a d autres cas précédents) risquent d aggraver les risques psycho sociaux déja constatés et aggravés par des temps de transport encore rallongés….

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