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Crise sanitaire : la direction AG2R La Mondiale passe en force

Dans le contexte difficile de la crise sanitaire, la direction du groupe avait décidé de se servir des ordonnances gouvernementales pour imposer aux salariés du groupe la prise d’un certain nombre de jours RTT ou de jours de CET. Cette mesure a été présentée au CSE le 23 avril.

L’ensemble des élus a rejeté une décision jugée inéquitable qui n’a pas été discutée avec les organisations syndicales. Cependant, malgré l’avis unanimement défavorable, la direction appliquera ces mesures de façon unilatérale.

Rappelons que la direction du groupe impose aux salariés en activité partielle de poser entre 3 et 8 jours de RTT ou de CET en fonction de leur taux d’activité. Comme l’y autorise la loi, la direction a décidé d’appliquer ces mesures sans accord et sans discussion avec les organisations syndicales.

Seconde mesure : la direction a décidé « d’inviter » les salariés à poser 5 jours de congés (ou de JRTT si le solde de CP ne le permet pas) avant le 30 avril. La direction n’ayant pas voulu négocier avec les organisations syndicales, la loi ne lui permet pas, dans ce cas, d’imposer sa mesure contrairement à la première mesure (la loi ne permet pas d’imposer sans accord d’entreprise la prise de CP). Mais avec le flou entretenu par la direction sur ses consignes, certains managers ont pu trouver les mots pour transformer une invitation en contrainte.


Déclaration des élus CFDT

Les élus CFDT émettent un avis défavorable aux mesures unilatérales prises par la direction. Et cette consultation évince la première mesure sur l’incitation forte de poser 5 jours de congés payés.

Pour la CFDT, la gestion de la crise doit répondre à trois impératifs :

  • – Le premier et le plus important : la préservation de la santé des salariés et de leurs proches. C’est pourquoi, avant même que le confinement n’ait été décrété, la CFDT a demandé la fermeture des sites.
  • – Le second objectif est de maintenir la rémunération des salariés, quel que soit le niveau d’activité. Car beaucoup ne pourraient pas faire face à une baisse de revenus.
  • – Le troisième impératif, et non le moindre, est la préservation des emplois, durant la période de confinement, mais également lors de la reprise d’activité.

La CFDT reconnait que le groupe a su faire face à cette crise imprévisible et a répondu dans un premier temps aux trois impératifs cités.

SI la direction a réussi au début de la crise à créer un consensus autour de ses décisions et à gagner l’adhésion d’une grande majorité des collaborateurs, la CFDT s’oppose fermement aux décisions unilatérales qu’elle a choisi de prendre ensuite. Car elles vont à l’encontre de cet esprit solidaire qui commençait à animer tous les salariés du groupe.

Pire, dans leur application, et leur communication nébuleuse, ces mesures se révèlent encore plus incompréhensibles et inéquitables.

La direction a mis la pression sur l’ensemble des managers afin qu’ils obtiennent de leurs collaborateurs la pose de 5 jours de congés, et cela coute que coute, sans accord d’entreprise.

Pour les plus zélés, tous les moyens furent bons, culpabilisations, intimidations, menaces…

Toutes les interprétations de cette mesure ont été données, de la simple « invitation » à l’obligation…

Et que penser de la décision unilatérale qui en imposant la prise de jours RTT en fonction d’un taux d’activité présumé aura réussi l’exploit de créer des tensions entre les managers et leurs collaborateurs mais aussi entre les salariés au sein des équipes !

Bon nombre d’entre eux sont victimes de l’incapacité de l’employeur à faire tourner correctement le groupe en situation de télétravail massif : accès aux applications métiers interdit de 8h à 20h pour les activités non prioritaires, déficience de l’outil de connexion à distance, inéligibilité au télétravail, matériel informatique non fourni à tous, fourni tardivement ou matériel inadapté, etc…

Enfin le confort de travail à domicile n’est pas le même pour tous, certains sont isolés, d’autres ont des enfants, d’autres encore ont des accès internet difficiles ou impossibles… Comme trop souvent les mères de familles qui ont une disponibilité difficile durant ce confinement sont les plus injustement impactées.

La CFDT et d’autres organisations syndicales étaient prêtes à conclure un accord qui aurait limité les congés lors de la reprise en échange d’un report des soldes de CP jusqu’à la fin de l’année. Contrairement à ce que pensent certains membres du CDG, les salariés et leurs représentants sont capables de faire preuve de responsabilité.

Il suffisait pour la direction de choisir la voie du dialogue social, celle qui a été prise par d’autres GPS, et préconisée par de nombreux décideurs majeurs dans cette période difficile pour tous.

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dartagnan
dartagnan
2 années il y a

Sans compter que pour les salariés à temps plein qui sont arrêt maladie “garde d’enfant COVID” leur nombre de JRTT sera encore déduit de plusieurs jours (accord d’entreprise sur le temps de travail). Une double peine donc.

laurent
laurent
2 années il y a

“Comme trop souvent les mères de familles qui ont une disponibilité difficile durant ce confinement sont les plus injustement impactées.”
savez vous qu il y a aussi des hommes qui prennent le temps de s occuper de leur enfant ? ne nous oubliez pas !
merci

Réac
Réac
2 années il y a

Laurent on ne les oublie pas mais on a pas beaucoup d Exemples à citer

laurent
laurent
2 années il y a

Réac, si votre “on” parle au nom de la CFDT, sachez que parmi vos nombreux électeurs, sympathisants, adhérents, militants et élus, il y a des pères de famille qui s’occupent de leurs enfants à plein temps.
Vous nous invitez à faire notre coming out ?

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