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Une réforme d’injustice sociale

Le Gouvernement vient de lever le voile sur le contenu la réforme d’assurance chômage qu’il mettra en œuvre dans le courant de l’été. Au prix d’efforts colossaux pour les demandeurs d’emploi.

Comme la CFDT le craignait, des efforts inédits et colossaux seront exigés des demandeurs d’emploi, dont les allocations vont, pour certains, fortement baisser. Le Gouvernement confirme ainsi la réalisation de son plan d’économies de 3,5Md€ en moins de trois ans… La CFDT ne partage pas cette vision du Gouvernement qui a pour principal objectif de faire des économies en baissant les droits des demandeurs d’emploi !

Car ces annonces auront des conséquences directes et concrètes sur la vie quotidienne des demandeurs d’emploi. Elles pénaliseront tous les demandeurs d’emploi qui alternent périodes de chômage et d’emploi, le plus souvent des femmes et des hommes en situation de précarité ; les jeunes et les seniors qui peinent déjà à s’insérer sur le marché du travail ; les « cadres » qui se verront appliquer une dégressivité injuste et inefficace.

Pour la CFDT, le chômage n’est pas un choix ! Le système d’indemnisation chômage doit permettre de sécuriser les demandeurs d’emploi par un bon niveau d’allocation, tout en leur offrant un accompagnement personnalisé. La CFDT a toujours su prendre ses responsabilités pour assurer la pérennité du régime et construire des règles équitables.

Si la CFDT semble avoir été entendue sur le renforcement de l’accompagnement, en revanche, la mise en place du bonus-malus sur quelques secteurs seulement est incompréhensible.

Alors que la modification des règles d’indemnisation fera de très nombreux perdants, cette demi-mesure de bonus-malus exonèrera de nombreux secteurs qui pourtant recourent abusivement aux contrats de moins d’un mois. Elle risque donc de n’avoir que peu d’effets sur le comportement des entreprises et leur responsabilité à agir concrètement sur la qualité des emplois.

Pour contester le contenu et les conséquences de cette réforme injuste, la CFDT appelle à un rassemblement le 25 juin prochain.

Principales dispositions de la réforme

Des conditions durcies pour ouvrir ses droits

Il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur 28 pour accéder à l’assurance chômage à partir du 1er novembre, selon la réforme de l’assurance chômage dévoilée mardi par le gouvernement.

Les conditions de “rechargement” des droits seront également durcies : il faudra avoir travaillé six mois au lieu d’un pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d’autant. Par ailleurs, la réforme élargit les droits au chômage pour les démissionnaires et indépendants.

Un système de bonus-malus dans sept secteurs

Un système de bonus-malus sur les contrats courts, contesté par le patronat, va être mis en oeuvre le 1er janvier 2020 dans sept secteurs de l’économie, tandis qu’une taxe de 10 euros par CDD d’usage va être créée pour ce contrat spécifique, a annoncé le gouvernement mardi en présentant sa réforme de l’assurance chômage.

L’exécutif a retenu sept secteurs, dont l’hébergement et restauration, l’agroalimentaire, l’eau et les déchets, la plasturgie ou encore le bois et papier.  Deux gros secteurs utilisant beaucoup de CDD échappent à la mesure : le bâtiment et la santé.

Dégressivité au bout de six mois pour un ex-salaire supérieur à 4.500 euros 

Les demandeurs d’emploi qui avaient un revenu de travail supérieur à 4.500 euros brut par mois verront leur indemnisation réduite de 30% à partir du septième mois, selon la réforme présentée mardi par le gouvernement. Cette mesure, qui ne concerne pas les chômeurs de plus de 57 ans, sera appliquée jusqu’à un plancher d’indemnisation de 2.261 euros net.

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